Scandale alimentaire en Chine : les leçons à tirer pour les importateurs
Régine

 

Un quotidien chinois vient de révéler un nouveau scandale alimentaire.

1. Les faits

La plupart des vendeurs de rue vendent des brochettes de viande de bœuf et d’agneau au même prix.scandale alimentaire chine En réalité, il s’agit toujours de viande de bœuf. Comment le goût de la viande de bœuf est-il masqué ? « Par le biais de marinades et d’assaisonnements avec des constituants aromatiques à l’agneau ». Pour quelle raison ? Parce que la viande de bœuf s’avère beaucoup moins chère que la viande d’agneau ou de mouton.

Il n’y a là rien de surprenant pour tous ceux qui suivent quotidiennement les actualités locales. En l’occurrence, j’ai lu plusieurs histoires de viande de porc « transformée » en viande de bœuf à l’échelle industrielle. Néanmoins, cette histoire est intéressante dans la mesure où plusieurs vendeurs de rue ont été interviewés. Et ils ont utilisé des prétextes bien connus de nombreux importateurs…

2. Les justifications des fournisseurs

Ils ont apporté trois types de justifications :

L’excuse « je ne connais pas les ingrédients donc je ne suis pas coupable » :

Le grossiste m’a dit que c’était de la viande d’agneau. Si vous me demandez si c’est vraiment de la viande d’agneau, je n’en ai aucune idée.

L’excuse « seuls les idiots croient vraiment ce que nous disons » :

Calculez le prix du bœuf par rapport au prix de l’agneau.

L’excuse « tout le monde a les mains sales de toutes façons » :

Tout a été modifié ; si elle n’avait pas été modifiée et n’avait pas le goût, qui voudrait en manger ?

3. Leçons à tirer pour les acheteurs étrangers

Je pense que certaines leçons à tirer de cet exemple peuvent s’appliquer au commerce international.

Les vendeurs de rue ont peu de choses à risquer. Ils peuvent disparaître du jour au lendemain. Il en va de même pour la plupart des intermédiaires d’approvisionnement, ainsi que pour de nombreuses petites sociétés commerciales.

En chine, il existe beaucoup d’entreprises malhonnêtes. La plupart d’entre elles sont totalement impitoyables. La raison en est qu’elles peuvent se le permettre. Elles ont en effet très peu à perdre. Ainsi, de nombreux escrocs y règnent (c’est exact, même parmi les fournisseurs « Gold » d’Alibaba).

Si un prix est trop beau pour être vrai, ou bien si vous ne comprenez pas la rentabilité d’une affaire, il y a certainement anguille sous roche.

En tant qu’acheteur, tentez toujours d’évaluer le prix moyen du marché du produit dont vous avez besoin. Toute offre en-dessous du prix moyen est suspecte. Toute offre 30% inférieure à la moyenne est vraiment très suspecte.

Si le sous-traitant du fournisseur est défaillant, votre fournisseur n’acceptera aucune responsabilité.

La plupart des exportateurs effectuent uniquement les opérations d’assemblage et de finition. Ils achètent les composants à d’autres fournisseurs. Aussi, dans 98% des cas, ils utilisent toujours les composants qu’ils reçoivent, et ce pour trois raisons. Premièrement, leur système qualité ressemble à du gruyère. Deuxièmement, ils n’ont bien souvent pas le temps d’attendre un nouveau lot de composants. Troisièmement, rejeter des composants de qualité inférieure impliquerait de faire « perdre la face » au sous-traitant, c’est ainsi généralement une situation perdante pour tous.

En Chine, la malveillance n’est pas un problème ; seul se faire attraper est un problème.

Je n’ai rien contre le peuple chinois en général, mais il faut bien admettre qu’ils vivent et travaillent dans un système qui tend à encourager les comportements immoraux. C’est pourquoi il est plus sage d’être méfiant jusqu’à preuve du contraire, plutôt que de faire confiance aux gens jusqu’à preuve du contraire.

 

Article original en anglais: An Interesting Example of China Quality Scandal
Publié le 6 août 2014 par Renaud Anjoran, Quality Inspection Blog
Traduction en français : Régine Allézy


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