Messageries instantanées, l’Asie donne l’exemple
Régine

Ils sont trois géants asiatiques à être dans la poche de millions d’internautes. Trois messageries instantanées que les Coréens, Japonais et Chinois déclenchent plusieurs fois par jour avec leur smartphone. Kakao Talk est coréen, Line japonais et WeChat chinois. Renaud Edouard Baraud, CEO deL’Atelier BNP Paribas Asie, en compagnie de Scott Si ont pris le temps de décrire ces nouveaux comportements, très liés au marché asiatique, mais qui pourraient devenir bientôt les nôtres ?

 WeChat, Line et KakaoTalk, ces messageries au succès phénoménal en Asie, tirent leur force d’un changement d’habitude des consommateurs de messagerie. Pourquoi ? Car ce que nous faisions en terme d’activité numérique s’est déplacé de l’ordinateur au smartphone (certains parlent fort justement de l’arrivée prochaine et massive des objets connectés). Les utilisateurs vont donc de plus en plus quitter leur bureau lié aux applications comme MSN ou Skype, voire négliger les réseaux sociaux style Facebook ou Twitter, pour s’engager dans des conversations sur messagerie instantanée comme Whatsapp ou Viber. Pour l’Asie, on est donc passé de Qq à des réseaux sociaux comme Renren ou Weibo, aux applications mobiles comme KakaoTalk, Line ou WeChat.

WeChat

Les messageries instantanées asiatiques pourraient bien modifier nos comportements d’internautes.

Les 20-30 ans accèdent majoritairement à internet via leur smartphone

Et les chiffres de ce marché sont vertigineux. Avec plus de 500 millions d’internautes en Chine, sur un marché qui continue de croître, près de 90% de ceux-ci ont un compte Weibo (microblogging à la Twitter) et le taux de pénétration des terminaux mobiles est de près de 42%. Pour KakaoTalk, c’est plus de 100 millions d’utilisateurs dans le monde et 60% du marché sud-coréen. De plus, depuis 2013, les 20-30 ans accèdent majoritairement à internet via leur smartphone. De quoi faire vaciller à terme les concurrents occidentaux ? On est en droit de le penser.

Des sites marchands qui clignotent comme des sapins de Noël

Ce qui fascine aussi chez ces nouveaux arrivants, c’est la grande fonctionnalité qui font de ces messageries bien plus qu’une simple messagerie. Elles ont un côté « tout en un » qui encouragent de nouveaux usages pour les consommateurs. Avec plusieurs nuances à relever : l’utilisateur (voire le consommateur) asiatique n’est pas le même que celui européen ou américain. Scott Si l’explique clairement quand il détaille que les utilisateurs asiatiques sont plutôt ravis d’être sollicités par les marques à l’inverse des Européens par exemple. L’autre distinction réside plus dans la forme. Car même si la marque chinoise Xiaomi tente de jouer sur le design épuré façon Apple (avec des ventes flash record sur internet), c’est un univers beaucoup plus coloré que l’on découvre sur les sites marchands (ambiance sapin de Noël qui clignote) ou sur les messageries qui abusent de couleurs flashy à grand renfort de stickers et d’émoticones.

WeChat, une application développée par le groupe chinois TenCent

En pratique, avec son application WeChat, l’abonné pourra donc se géolocaliser pour découvrir ses boutiques favorites dans les environs, mais aussi obtenir des bons de réduction en push pour aller faire du shopping ou manger au KFC le plus proche. Il pourra également vérifier que son âme sœur ne traîne pas dans les parages (cette messagerie peut être aussi un outil de rencontre). Ne l’oublions pas, WeChat est une application développée par le groupe chinois TenCent, un mastodonte sur internet qui n’a rien à envier aux géants américains (juste la communication peut-être).

Une fois l’application ouverte, un mode de paiement s’offre aussi à l’utilisateur avec un scan utilisant le QR code. En Asie, utiliser les QR codes lors des achats est beaucoup plus courant qu’en Europe. Et quand on apprend que si l’on commande en ligne en Chine, on peut parfois être livré dans les trois heures voire après minuit, on ne s’étonne pas que durant la fête des célibataires de cette année (le 11/11/13) le record de consommation a été battu avec plus de 6 milliards de dollars d’achats en ligne.

 

Article présenté sur le site www.rfi.fr
Publié par Thomas Bourdeau, RFI, le 14 novembre 2013


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Solve : *
4 + 5 =